173 battements par minutes

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Un dimanche, on s’était programmé une session longue de 30 km avec mon ami Aymeric, histoire de se confronter un peu à la réalité de ce qui nous attend pour le Marathon…De mon côté, comme à mon habitude, le matériel était un peu déficient. Un camelback pas complètement rempli, un gel à boire de la boutique Marathon et quelques amandes, rien de plus. Je suis comme ça, je n’aime pas avoir beaucoup d’équipement, c’est aussi pour ça d’ailleurs que j’aime la course à pied, car en principe une paire de chaussures adaptées et une volonté de fer suffisent à courir une bonne distance. Aymeric lui, c’est tout le contraire. Je crois que pour lui, l’habit fait le moine et je le soupçonne d’ailleurs d’aimer particulièrement s’entourer de toutes sortes de petits gadgets, boissons énergisantes et divers en-cas miraculeux pour se donner confiance. Alors ce jour-là, il est arrivé avec 3 litres d’eau, un litre dans son dos (camelback) et une gourde d’1 litre de chaque côté de son buste remplies toutes deux d’un produit liquide sucré qui donne de l’énergie et aide à éliminer l’acide lactique. Je passe sur tout ce qu’il avait emmené à manger, car je crois bien qu’avec tout ça il était prêt à se lancer à l’assaut de l’UTMB (ultra trail du Mont Blanc, une référence pour les ultra-trailers)…Nous voilà donc partis, prêts à guerroyer durant 3 heures. Et cette guerre commence bien, car malgré le froid il fait beau, on est en forme l’un et l’autre et le Parc de Sceaux est juste magnifique. On discute, on scrute notre temps, on regarde les autres coureurs. L’ambiance est à la bonne humeur, on accélère même dans les côtes. J’ai l’impression de pouvoir continuer des heures durant. J’avais peur au départ d’avoir froid aux mains car je n’avais pas pris mes gants, mais celles-ci se sont vite réchauffées. À part un orteil un peu douloureux (mon point faible les orteils, il faudra que je consulte un podologue, à moins que le problème vienne de mes chaussures?), je n’ai mal nul part durant les 21 premiers kilomètres. 21 kilomètres, c’est précisément la plus longue distance que j’avais couru avant de me lancer sur ces 30 km. Et là encore, la règle que j’avais observée sur le semi-Marathon de Vincennes se vérifie : c’est là, au km près, que je rencontrerai le fameux « mur », juste au moment où j’atteins la distance la plus longue déjà courue précédemment.

L’image contient peut-être : 5 personnes, personnes souriantes, personnes debout
A ce rythme là Emmanuelle n’avait pas le temps de prendre de photo, ce sera donc un cliché avec Aymeric du semi de Vincennes

Ce « mur » pour moi signifie que j’ai d’un coup senti une immense fatigue, puis me suis rendue compte que j’avais le bout des doigts gelés alors que jusque-là je n’avais pas eu froid. Peu de temps après mes jambes se sont mises à me faire mal, d’abord je les ai senties raides, puis petit à petit la raideur a fait place à la douleur. Et à force de courir sans souplesse, un peu à la manière d’un pantin, un genou d’abord, puis une hanche ensuite, ont commencé à me faire souffrir. À un moment, j’ai fini par dire à Aymeric : « je ne suis plus qu’une douleur ». Mais je finirai ces 30 kms, à un rythme tout à fait correct d’ailleurs car je vais finalement retrouver mon rythme de croisière et finir ma course comme je l’avais commencée. Le problème c’est que sur un Marathon, j’en aurai eu 12 de plus. Je les aurais peut être tenus, mais dans quel état ? C’est bien ce qui va me préoccuper les jours-suivants. Que s’est-il passé pour que je passe d’un coup de l’euphorie à la souffrance ? C’est finalement en regardant ma fréquence cardiaque enregistrée par ma montre Garmin durant la course que j’ai compris. Une moyenne de 173 battements par minutes avec des pointes à 202 ! C’est beaucoup trop, surtout sur 3 heures de course. Là je comprends mieux les douleurs: mes jambes devaient être pleines d’acide lactique avec un cœur qui avait fonctionné à plein régime ! Donc je décide que désormais, quand je courrai, je surveillerai attentivement mon cœur grâce à ma montre. Mon but sera de faire baisser mon cœur, en essayant malgré tout de maintenir ma vitesse la plus proche possible de mon rythme habituel. Car je suis convaincue que si le jour J j’arrive à maintenir une fréquence cardiaque pas trop élevée sur au moins 2/3 du parcours, l’acide lactique ne viendra m’embêter que sur les derniers kilomètres, au moment où c’est souvent le mental qui nous fait avancer. Et là je n’aurai qu’une chose à faire : sourire, crier « AIO! » et continuer jusqu’à la ligne d’arrivée, un pied après l’autre.

Emmanuelle Grimault

 

Le sanglier

Quand on court, il arrive que l’on fasse de drôles de rencontres. Je me souviens d’une anecdote d’enfance. Je courais dans mon maquis insulaire, sans raison, sans montre, sans objectif, comme on court quand on est ado et que l’on adore le sport. Pour une fois j’avais une paire de tennis, chose assez inhabituelle. A cette époque, je courais pieds nus, souvent. A telle enseigne qu’à la fin de l’été j’avais des cornes sous les pieds, et que je pouvais marcher sur les ronces sans les sentir. Je ne comptais plus les échardes bien entendu, et passait souvent la fin d’après-midi à les retirer avec une aiguille chauffée au briquet. C’était juste avant la double douche. Oui il y en avait une au jet d’eau à l’extérieur, et une autre pour nous rendre un aspect humain. Je jouais au foot. J’étais obligé d’acheter mes chaussures à crampons une taille au dessus, à cause de la corne sous les pieds. Mais je disgresse revenons à ma course dans le maquis. Je courais depuis une bonne heure sur un sentier de terre. Je franchissais une rivière d’un saut, quand sur ma droite un sanglier me coupa la route. J’ai eu l’impression que cette rencontre dura 30 minutes, mais après coup ça devait être 3 secondes, peut-être moins. Loin d’avoir peur de cet animal fabuleux, je me suis lancé à sa poursuite. Je le voyais de loin en loin, puis de plus en plus loin, puis plus du tout. Bien entendu je ne l’ai jamais rattrapé, mais avec ce compagnon de route éphémère, je crois que j’ai dû battre un record du monde. Bien entendu il n’y avait pas de chronomètre, et je ne savais même pas ce qu’étais une montre connectée à cette époque. Ce que je retiens de cette aventure, c’est qu’au moment où j’ai accélèré, je me suis senti puissant, comme si mes pieds ne touchaient plus terre, et que rien ne pouvait m’arrêter. L’adrénaline ? Sand doute.

Aujourd’hui, presque 30 ans plus tard,  j’ai ressenti la même puissance (continuez la lecture sous le diagramme, et notez au passage que j’ai vraiment bon coeur).

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Hier Thierry Pistorozzi, mon coach sportif, conseiller technique de VEGAN MARATHON, m’explique que je dois apprendre à courir. Tiens quelle drôle d’idée. Je cours depuis 20 mois, pourquoi devrais-je apprendre à courir maintenant ? En fait il m’explique que pendant les courses très longues, il faut que je me donne des « rdv », pour faire le point sur mon état au moment T.

Aujourd’hui ce n’est vraiment pas le jour. Je n’aime toujours pas courir, et il y a des jours pires que d’autres. J’ai beaucoup de travail, et peu de motivation. Bon ok, je m’habille et je sors pour mon Fartlek, 14 km de jeu. Le principe c’est que l’allure et la durée des phases de courses ne sont pas définies avant la séance. Les efforts sont effectuées en totale liberté selon mes envies, en montée, en descente. Le mot « fartleck » vient du suédois et signifie « jeux de course », parfait pour moi. Je commence mon entraînement à 7,5 km/h (ne riez pas je fais plus de 100kg), et je peine lamentablement sur les deux premiers kilomètres. A 2,5 km je lance une accélération et là tout se passe bien, je tiens le rythme sur un kilomètre, pas de souci, on est bien.  Le reste de la course jusqu’au 12eme kilomètre se passe bien. Et là un flash, je me souviens du sanglier. Je souris (bouche fermée à cause de la neige qui tombe depuis 20 minutes), et je me dis : chiche ? Et là c’est parti 7,5 km/h, 8, 9 , 10, 11, 12, et enfin 13, 2 km/h . Je sens la puissance encore une fois, et franchement c’est juste énorme. Et dire que j’ai failli ne pas courir.

Magà Ettori, Paris, 13/02/2018

SUR LA NEIGE DANS LA NUIT

27907685_188224661946378_5793246382059431240_oSUR LA NEIGE DANS LA NUIT

Dans cet espace silencieux
revêtu d’un tapis blanc
Je cours, je suis heureux
Je suis comme un enfant

La ballets aérien des flocons
Qui embellissent le paysage
Mon regard qui balaie l’horizon
Les traces de mon passage

Le hululement de Maître Hibou
Dans cette belle nuit claire
Me fait kiffer comme un fou
Me remplit de joie solaire

Je ne pense qu’à ma foulée
Qui rase le sol poudreux
Je croises d’autres égarés
Dans ces lieux neigeux

Xavier Cornet, 06 février 2018

27907685_188223741946470_2193886398028286566_oUNE SORTIE TRÈS LONGUE

Bon, ce matin, rendez-vous chez le spécialiste pour quelques examens, tout est normal. Je rentre à la maison, prépare à manger pour la longue sortie à venir. Au menu, pois chiches, steak de soja sojasun tomate/basilic, saucisses de soja, haricots verts et en dessert un yaourt sojasun. Je me lave les quenottes et je m’apprête. Le matos est complet. Je pars pour une sortie de 4 h 30 à priori. Long, très long. Dans ma tête, je réfléchis à la manière dont je vais gérer cela. Je décide de faire 3 km de course pour un kilomètre de marche. Bref, Je m’élance pour longer les bords de marne et je pars du côté de Joinville-le-Pont, puis de Nogent-sur-Marne, jusqu’à Neuilly-Plaisance puis retour à Jonville-le-Pont pour faire le tour presque complet du bois de Vincennes. Mon petit stratagème fonctionne à merveille et du coup j’enchaîne les kilomètres. A la pause au retour de Neuilly-Plaisance, je m’arrête car c’est un signe : Je vois de très beaux cygnes altiers et plus beaux les uns que les autres. J’apprécie et joue le paparazzi pour faire de belles photos que je joins à cette prose. Résultat : 37 km en un peu plus de 4 h 00, j’ai couru les deux jours précédents avec un RP, donc ça suffira pour aujourd’hui. Si je me met à calculer, j’ai couru 62 km en 3 jours. Bon, les 80, ce sera en une fois, mais je me serai bien reposé avant pour assimiler tout ça. Prochain rendez-vous à Meudon pour le dernier entraînement écotrail dont l’objectif sera la reconnaissance d’une partie du parcours. Je vous met en bonus un poème sur ma sortie dans la neige. Carpe Diem !

L’eau virtuelle et la part du lion

AIO est un lion végane et il a entendu parler de l’eau virtuelle, mais sans en connaître précisément le concept. Ses amis du CLAN VEGAN MARATHON lui ont fait un dessin, et lui ont expliqué ce qu’est l’eau virtuelle.

L’eau virtuelle est l’ensemble des consommations d’eau nécessaire à une production, agricole ou industrielle, ou à un service. En d’autres termes, cela correspond à la quantité totale d’eau nécessaire pour produire quelque chose. On parle d’eau virtuelle car l’eau consommée ne se retrouve généralement pas dans les produits finis. Par analogie, on peut considérer que c’est l’équivalent hydrique de l’énergie grise (1) .

Cette eau virtuelle est puisée dans l’environnement immédiat (pluie, nappe phréatique, etc.) et dans les apports artificiels comme l’irrigation ou les canalisations d’eau. Plus les ressources en eau de l’environnement sont faibles et plus les apports artificiels peuvent être importants, en fonction du mode de production. Le concept d’eau virtuelle est utilisé pour évaluer l’empreinte environnementale d’un produit, d’un service, des échanges commerciaux entre pays ou d’un mode de vie. La production de viande, d’œufs et de fromages nécessite des quantités d’eau plus importantes que celle de céréales et de légumineuses.

VEGAN MARATHON AIO eauLa Terre a un stock d’eau limité, une ressource qui est indispensable à la production de nourriture. La FAO (organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que la croissance des besoins en eau de l’agriculture d’ici 2050 est globalement soutenable (FAO, 2015), avec cependant une quinzaine de précisions, dont celles-ci : – Certaines régions du globe risquent d’être confrontées à des sécheresses et pénuries d’eau. – L’agriculture est et sera le secteur d’activité le plus gourmand en eau, elle doit donc maximiser son efficacité.

– Le réchauffement climatique va nécessiter des adaptations techniques pour limiter ces besoins croissants en eau. En élevage industriel, la production d’un kilogramme de bœuf absorbe par exemple 15,415 litres d’eau, bien plus que pour le cochon (5,998 litres) et le poulet (4325 litres). C’est bien entendu plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz, le blé ou le maïs.  Globalement, la consommation en eau a plus que doublé par rapport au taux de croissance de la population durant la plus grande partie du siècle dernier et un nombre croissant de régions atteignent la limite en ce qui concerne la délivrance de services en eau fiables. Aujourd’hui, l’agriculture utilise 70% de tous les prélèvements d’eau douce dans le monde et jusqu’à 95% dans plusieurs pays en développement. En 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou régions à forte pénurie d’eau et les deux tiers de la population mondiale pourraient connaître des conditions de « stress hydrique ». Une étude parue en 2013 note que « l’empreinte eau » des Européens liée à leur alimentation pourrait baisser de 23% à 38% en diminuant ou supprimant la part de la viande dans les repas.

Sur ce dernier point AIO n’a aucune inquiétude à se faire, il connait maintenant l’eau virtuelle et la part du lion pour lui ce serait plutôt un plat de lasagnes végétales, ce n’est pas parfait mais qui l’est ?

(1) Le concept d’énergie grise correspond à la somme de l’énergie dépensée de la phase de conception d’un produit à son recyclage, ou à sa destruction. La commercialisation ou les activités de service, l’usage du produit ou sa mise en œuvre font partie des critères retenus. Le résultat chiffré permet de choisir, en connaissance de cause, le matériau le plus respectueux de l’environnement dans chaque secteur. 

Texte Patricia Ettori / dessin Caroline Mezin

Xavier is Back !

5 février 2017 : Je vais courir sur deux courses d’affilée pour les foulées de Vincennes, la 16ème édition. Je suis inscrit sur les deux courses. Par mon club l’AC Paris Joinville pour le 10 km loisir et par moi-même pour le 10 km compétition. En fait, je voulais faire comme les lapins runners l’année dernière. Pas besoin de me lever trop tôt, je suis à une station de RER de Vincennes. La veille, je me suis levé à 5 h 00 du matin pour ma séance longue dans les Yvelines dans le cadre de mon entraînement pour l’écotrail de Paris. C’était du coté de Chaville.

Lors de mon retour, j’ai essayé de synchroniser sur Squad Runner pour valider un maximum de points pour la dream team de Vegan marathon. Après plusieurs tentatives sans succès, je me décide à contacter le docteur maga, spécialiste des bugs sur le site. C’est le week-end et ses tarifs sont exorbitants. Il procéde à une opération pour inciter l’application à faire le nécessaire. Rien ne pourra être soigné avant le lundi. Pas de SOS Synchro, ça n’existe pas. Il me prescrit un petit footing de 40′ pour me détendre, mais le cœur n’y est pas. Il me rassure sur la future validation de mes points. Je n’ai plus qu’à rejoindre Laurence et Morphée puis m’endormir.

1-FDV-18-DC-5597.jpgDimanche, il est 7 h 30. Mes affaires sont prêtes depuis la veille au soir. Je revêt une première couche, un tee-shirt technique, pour le bas un collant et des chaussettes, les manchons, un buff pour le cou, les gants, le bonnet et mes brooks de route. Il fait froid, mais je ne rajoute que mon coupe vent déperlant. Je mange une demi-banane et ne bois qu’un café de céréales et de l’eau bien sûr. Je pèse 58 kg pour 171 cm, idéal pour une performance.

Arrivé à Vincennes, je suis le seul vegan runner sur la course. Les lapins sont restés dans leur terrier. Je m’échauffe pendant une quinzaine de minutes, fait quelques éducatifs et quelques étirements avant le départ. Je suis dans le sas des – de 50′. Le départ est donné, je ne pars pas comme un fou au 1er kilomètre, une erreur de 80% des coureurs selon Gilles Dorval, coach et entraîneur reconnu.

Au 2ème, je passe à ma vitesse de croisière entre 12,5 et 13,1 km/h selon la configuration du terrain qui est particulièrement roulant. Progressivement, je vois que je peux dépasser mon record personnel, alors j’accélère, 13,5, 14,14,5, je franchis la ligne d’arrivée. Je suis prêt à vomir, j’ai tout sonné mais je savoure. Je me dis que vais courir le 10 km loisir tranquille.

Je me rends au ravitaillement et prend quelques abricots secs, une ou deux dattes et deux morceaux de bananes. Comme prévu, je rejoins mon épouse devant les escaliers de la mairie pour que je puisse changer de débardeur (je met celui du club)et me réchauffer avec une couverture de survie en attendant la prochaine course. Nous avons aussi rendez-vous avec Claire, mais les circonstances feront que je ne la retrouverai que quelques minutes près le 10 km loisir. Il fait froid, Laurence et moi nous réfugions au café de la mairie, bondé de coureurs. Elle commande pour nous un café et un thé qui n’arriveront jamais. Peut-être étaient-ils partis en voyage comme le garçon qui omis de nous les servir. Ça va mieux, j’ai plus chaud et j’ai un peu récupéré. Je me rends sur la ligne de départ du 10 km loisir. Le coup d’envoi est donné. Je pars tranquillement à 9 puis 10 km/h, il faut relancer la machine mais ça se dérouille au fil du temps. A mon grand étonnement, tout va bien et je remonte un à un la file des coureurs pour finir en 50’27 ».  Ça, ce n’était pas prévu, mais cela me procure une double satisfaction ; RP à 46’35 » et presque 12km/h sur la 2ème course. Objectifs atteints, Xavier is Back !

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El respeto por la vida es un deber – Le respect de la vie est un devoir

253186_10151189782731281_265561449_nNe pas participer à l’exploitation des animaux et faire de l’exercice est non seulement possible, mais c’est  même notre devoir.

J’ai décidé d’arrêter de consommer des animaux en 1988. La motivation principale était d’ordre morale et par empathie envers les autres êtres vivants. Quand j’étais petite il m’était impossible de voir le cadavre d’un animal comme un aliment, quelque chose en moi me disais que je ne devais pas soutenir cette activité meurtrière. Bien que nous ne voyions pas ces animaux enfermés, nous savons qu’ils ont des émotions et qu’ils souffrent. Nous savons que, par nos actes, nous pouvons encourager ou pas leur exploitation. Il n’existe donc pas de position intermédiaire. Choisir de ne pas manger d’animaux est un acte politique.  Toutes les vies ont de la valeur et la seule chose que nous pouvons faire c’est de les respecter, ou comme dit le dicton « vit et laisse vivre ». Il est de notre devoir et de notre responsabilité de promouvoir un mode de vie sain et plein d’amour. Notre passage sur terre est de courte durée, nous devons donc choisir de faire le moins de mal possible, en recherchant l’harmonie collective.

Heureusement la nature est pleine de sagesse, le temps a passé et je ne suis pas tombée malade, bien au contraire. Je me sentais en meilleure santé, avec plus d’énergie, de vitalité, de joie et de sensibilité envers le vivant. J’ai développé une plus grande intuition et un plus grand intérêt pour la vie, la permaculture et la santé. Aussi, j’ai commencé à faire différents sports : volley, basket, softball, paddle, triathlon, roller, et j’ai même formé un groupe universitaire de football féminin dans la province de San Juan (Argentine). Puis, ce processus m’a conduit à m’interroger sur la santé et d’autres thèmes comme la politique et l’écologie. J’ai toujours été très critique et anticonformiste face aux incohérences de notre mode de vie sur cette planète. Anticonformiste mais tout de même optimiste, utopique et très enthousiaste pour aider à progresser et faire « ma part ».

Il est essentiel d’être critique envers notre manière de vivre sur cette planète pour générer et co-créer collectivement la culture que nous implorons. Pour ma part, j’ai grandi en Argentine, pays qu’on a l’habitude de lamentablement surnommer « le pays de la viande », bien que ce soit plutôt un pays exportateur et qu’un pourcentage important soit envoyé vers d’autres pays.  Par chance, nous sommes toujours plus nombreux à devenir végétariens/vegan. Cela modifie peu à peu la « culture carniste » de notre pays.

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Quant à l’alimentation, j’ai beaucoup appris en cessant de manger des animaux, parce que cela m’a conduit à me questionner et à investiguer sur ce que j’ingère et sur la santé en général. J’ai pris des cours, assisté à des congrès et j’ai lu des livres de nutrition. Je me suis également intéressée à l’hygiénisme et à la naturopathie. Actuellement, mon régime alimentaire est majoritairement à base de fruits et d’aliments biologiques. Je choisis ces aliments car ils contiennent des enzymes, m’apportent de la vitalité (voir le livre 80/10/10 du Dr Graham) et n’ont pas d’impact négatif notable sur l’environnement. J’essaie de choisir des aliments qui apportent des nutriments plutôt qu’une nourriture mauvaise pour le corps, l’esprit et l’environnement. Actuellement j’inclus, en plus des fruits et des légumes variés, d’autres aliments comme le gingembre, les graines de lin, de sésame, les noix, les amandes, les cacahuètes, le quinoa, les graines de chia, la spiruline, les lentilles, les feuilles vertes, le curcuma, le kéfir, les produits germés, entre autres choses, pour avoir les nutriments de base. J’utilise également du pissenlit, de la menthe,  du boldo, du tilleul, du cèdre, du chardon-marie, des clous de girofle, de la camomille, pour faire des tisanes.

Quant au sport, j’ai commencé très jeune à courir des marathons et je le fais toujours. Chaque fois que j’avais besoin de m’éclaircir les idées, je sortais courir. Ça s’est transformé en une sorte de méditation et de reprise du contrôle. Cela me permettait de me canaliser, de faire le vide et de me reconnecter avec moi-même et par la même occasion avec les autres.

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Pour l’instant, mes principales activités sont courir, nager, faire du yoga, danser et faire du vélo, pour la liberté et la légèreté qu’elles me procurent. En ce moment, je m’entraine avec le groupe de ma faculté « Groupe de coureurs UNL » et je collabore avec le groupe « Marathoniens de Santa Fe » dans la province de Santa Fe (Argentine). Avec ces derniers, nous organisons des marathons dans la ville. Je le fais comme une façon de promouvoir le sport. J’aime voir des gens courir, envahir ensemble les rues, cela m’emplie de joie.

Je fais souvent du sort, et malgré plusieurs pauses, j’ai rapidement retrouvé mon niveau après chaque reprise. Etre vegan, m’a donné l’énergie et la motivation de faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie.

Je ne conçois pas le sport comme une compétition avec les autres, mais comme un processus de prise de conscience personnel. C’est plus une compétition avec soi-même, sur un parcours partagé. Cela se transforme en voyage pour découvrir son corps, ses capacités, prendre conscience de la respiration, de la circulation sanguine, de nos pensées, « faire le vide ». C’est également l’opportunité de rencontrer des gens, des lieux, que ce soient des villes, des villages, de courir dans la rue, sur la plage et en montagne, que ce soient des marathons matinaux ou nocturnes, à la pleine lune, …

Il s’agit d’une activité collective mais chacun est indépendant et libre. On partage une activité saine, ce qui est, à mon avis, absolument nécessaire, en raison de la grande propension de la société à consommer des drogues, de l’alcool, des médicaments, ou à la violence, aux suicides, etc… Je crois vraiment que nous devons promouvoir des activités ayant un rapport aux autres et à soi. Prendre les rênes et laisser de côté les intérêts mercantiles, qui souvent s’emploient à nous influencer, pour que nous n’ayons plus de pouvoir sur nous-mêmes. Nous pouvons choisir : choisissons la vie.

Si pour ma part je fais du sport comme un hobby, il existe plusieurs sportifs célèbres, comme Scott Jurek et Fiona Oakes, Carl Lewis, Ruth Heidrich, Brendan Brazier, Patrik Babouniam, Cornelia Ritzke, Frank Medrano, Robert Cheeke, Bart Yasso, entre autres, qui sont vegan et sportifs de haut niveau, apportant la preuve qu’il est possible d’avoir ce régime alimentaire et obtenir tous les nutriments et l’énergie nécessaires. Il existe aussi de nombreux vegan qui font du sport et n’apparaissent pas dans les médias.

En plus des sportifs, il existe et ont existé, de nombreuses références comme Einstein, Gandhi, Léon Tolstoi, Henry Thoreau, J. Krishnamurti, etc…, ou des artistes comme Moby, Paul McCartney, Morrisey, Nicolas Cabré, Drew Barrymore, Natalie Portman, Brad Pitt, Natalia Docco, entre autres qui sont végétariens/vegan. Ce sont toutes des personnes influentes qui promeuvent l’amour, le pacifisme, qui, tout en tant conscientes de notre société ont cessé de participer à l’exploitation des animaux.

Cette année j’ai eu la possibilité de devenir l’Ambassadrice de « Vegan Marathon » en Argentine, une association de marathoniens végane qui courent pour défendre la cause animale. Face à de nombreux mythes prétendant qu’il est nécessaire de consommer des animaux pour faire du sport, ce groupe démystifie, montrant que oui, c’est possible. En plus de courir pour défendre la cause animale et le respect de la vie, ce groupe prend également en compte l’aspect écologique.

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Je suis diplômée en promotion socioculturelle et en plus je suis sur le point d’obtenir le titre d’ingénieure environnementale, raison pour laquelle je ne peux pas oublier de mentionner que l’abattage des animaux, en plus d’être une activité cruelle qui encourage la violence, est également une des plus polluantes pour la planète. Elle contamine les sols, l’eau et l’air, encore plus avec les « Feed lots ». La consommation de viande est l’une des principales contributrices au réchauffement climatique, comme le démontre l’étude de la FAO (Food and Agriculture Organization), intitulée « La grande ombre du bétail »

Je considère qu’il est faisable et prioritaire que nous réalisions et encouragions les activités qui prennent en compte la vie et l’environnement. Ce sera seulement possible si nous le voulons vraiment et agissons en conséquence. J’invite les personnes qui doutent à s’approcher, à consulter, interroger, s’informer et à expérimenter. Surtout qu’ils fassent des recherches, fassent le vide et écoutent leur corps. Nous avons tous en nous de l’empathie et si nous faisons le vide, nous parviendrons assurément à rencontrer cette part de nous-mêmes qui est connectée à la vie. A partir de là, ce ne sera plus une décision à prendre, car nous verrons instantanément une nouvelle réalité et le désir de prendre soin de nous, comme des autres, prendra le dessus ; le désir de manger des animaux disparaîtra.

 Résultat de recherche d'images pour "drapeau argentin"texte Silvana Palavecino / traduction Karine Estelle

No participar de la explotación de los seres animales y hacer ejercicio no sólo es posible, sino que es nuestra responsabilidad.  La salud y el respeto por la vida es un deber. No comer animales es un acto político.

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Si estamos sanos podemos tomar decisiones, actuar con coherencia, lucidez y amor. Hacer ejercicio permite que oxigenemos nuestras células y que nos mantengamos activos. Por su parte, no consumir animales no pasa por una cuestión meramente alimenticia, sino que deviene de un respeto al otro ser que, como nosotros, quiere y merece vivir.

Decidí dejar de consumir animales en el año 1988. Su motivo básicamente fue moral y por empatía hacia otros seres. De pequeña me era imposible ver un cadáver de animal como algo a ingerir, algo en mi me decía que no debía sostener esa actividad de muerte. Aunque no veamos a los animales, sabemos que sienten y sufren. Sabemos que con nuestros actos apoyamos o no la actividad de explotación animal. En este sentido, no existe una posición intermedia. Elegir no comer animales es un acto político. Así, la idea de consumir un cadáver desapareció de mis hábitos. En aquél momento, a mi alrededor decían que iba a enfermar, producto de “mitos societarios” que lamentablemente aún en algunos lugares siguen vigentes. Decidí que, a pesar de las críticas, no podía mantener mi vida a costa de la vida de los demás. Cada vida es valiosa, y lo único que podemos hacer es respetarlas, o bien como dice el famoso refrán “vive y deja vivir”. Es nuestro deber y responsabilidad fomentar y promover una cultura sana y amorosa. Nuestro paso por el planeta es corto, por lo que deberíamos elegir hacer el menor daño posible, buscando la armonía colectiva.

Afortunadamente y gracias a que la vida es sabia, con el pasar del tiempo, no enfermé, sino que ocurrió todo lo contrario. Me sentía más sana, con más energía, vitalidad, alegría y con una sensibilidad mayor hacia lo vivo. Se despertó una mayor intuición y un mayor interés por la vida, la permacultura y la salud. Así también, comencé a hacer deportes: vóley, básquet, softball, paddle, triatlón, rollers y hasta formé el primer grupo universitario de fútbol femenino en la provincia de San Juan (Argentina). A su vez, este proceso me condujo a cuestionarme sobre la salud y otros temas, como política y ecología. Siempre fui crítica, inconformista, ante las incoherencias en nuestra manera de habitar el mundo. Una inconformista aunque optimista, utópica, con entusiasmo por ayudar  a mejorar y hacer “mi parte”.

Es esencial ser críticos con nuestra manera de habitar el mundo para generar y co-crear colectivamente la cultura que anhelamos. En mi caso, me crie en Argentina, país que lamentablemente suelen denominar “el país de la carne”, aunque más bien es un país exportador, ya que gran porcentaje es derivado a otros países. Por suerte cada vez somos más personas que por diversas razones decidimos hacernos vegetarianos/veganos. Esto de a poco está cambiando la “cultura cárnica” de nuestro país.

En cuanto a la alimentación, aprendí mucho al dejar de comer animales, porque me condujo a cuestionarme e investigar sobre lo que ingiero y a la salud en general. He realizado cursos, asistido a congresos y he leído libros de nutrición,  también indagué en higienismo y naturopatía. De mi experiencia, mi dieta actualmente se basa en una mayoría de frutas y alimentos fisiológicos. Elijo estos alimentos porque tienen enzimas, me aportan vitalidad (ver libro 80/10/10 de Dr. Graham) y no generan impacto negativo apreciable al ambiente. Intento elegir alimentos que aporten nutrientes, en vez de comestibles que dañan el cuerpo, mente y ambiente. Actualmente incluyo, además de las frutas y verduras varias, otros alimentos como jengibre, semillas de lino, de sésamo, nueces, almendras, maní, quínoa, chía, espirulina, lentejas, hojas verdes, cúrcuma, kéfir, germinados, entre otros, para aportar nutrientes básicos. También utilizo diente de león, menta, burro, boldo, tilo, cedrón, cardo mariano, clavo de olor, manzanilla, etc. para hacer tisanas.

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En cuanto al deporte, comencé a correr maratones de pequeña y actualmente lo hago. Cada vez que necesitaba despejar la mente, salía a correr. Se convirtió en una especie de meditación y forma de empoderamiento de mi misma. Me permitía canalizar, hacer silencio y conectar conmigo, y por tanto con los demás.

Actualmente, las actividades que más realizo son correr, nadar, yoga, danza  y andar en bici, por la libertad y liviandad que otorgan. En este momento, me encuentro entrenando con el grupo de mi facultad “Grupo de corredores UNL” y estoy colaborando con el grupo “Maratonistas Santafesinos” en la provincia de Santa Fe (Argentina). Con este último, organizamos maratones en la ciudad. Lo hago como manera de fomentar el deporte. Me gusta ver a gente correr, llenar juntos las calles, me transmite alegría. A su vez, es una actividad que lleva a conocer y recorrer lugares desde el movimiento de nuestra corporalidad, sin energía extra.

Hago deporte con frecuencia, aunque las veces que he dejado de hacer, al retomar vuelvo rápidamente a sentirme plena. Ser vegana me ha dado la posibilidad de darme la energía y la motivación de hacer lo que quiera hacer, en el momento que así lo decida.

15825984_10154122067515848_8913289290506826727_n.jpgConcibo el deporte no desde la competencia con el otro, sino como un proceso de conocimiento personal. Es una competencia más bien con uno mismo, en un recorrido que es compartido. Se vuelve un viaje para reconocer el cuerpo, sus posibilidades, volver a ser consciente de la respiración, de la circulación, de nuestros pensamientos, “darles aire”. Es una oportunidad además para conocer gente y lugares, sean ciudades, pueblos, se trate de correr en la calle, en la playa o en la montaña, sean maratones matutinas o nocturnas, en luna llena, etc.
Es una actividad en conjunto pero cada uno con su independencia y libertad. Permite compartir una actividad sana, lo cual creo totalmente necesario debido a la gran propensión en las sociedades al consumo de drogas, alcohol, fármacos, o a la violencia, suicidios, etc. Creo realmente que debemos fomentar actividades pro-vida y en respeto a ella, al otro y a nosotros mismos.  Tomar las riendas y dejar de lado los intereses de mercado que muchas veces pujan en influenciarnos a no tener poder de nosotros mismos. Podemos elegir: elijamos vida.

Si bien en mi caso realizo deporte más bien como hobby, existen varios deportistas famosos, como Scott Jurek y Fiona Oakes, Carl Lewis, Ruth Heidrich, Brendan Brazier, Patrik Babouniam, Cornelia Ritzke, Frank Medrano, Robert Cheeke, Bart Yasso, entre otros, que son veganos y deportistas de élite, demostrando que es posible mantener esta alimentación y obtener todos los nutrientes y energía necesarios. También existen numerosos veganos que hacen deporte y no están en los medios.
Además de deportistas, existen y existieron numerosos referentes, como Einstein, Gandhi, León Tolstoi, Henry Thoreau, J. Krishnamurti, etc., o artistas como Moby, Paul McCartney, Morrissey, Nicolas Cabré, Drew Barrymore, Natalie Portman, Brad Pitt, Natalia Docco, entre otros que son vegetarianos/veganos. Todos ellos personas influyentes en promover una conciencia más amorosa, pacífica y consciente en nuestra sociedad y por tanto dejaron de participar de la explotación animal.

Este año tuve la posibilidad de comenzar como representante, en Argentina, de “Vegan Marathon”, una asociación francesa de maratonistas veganos que corren difundiendo la liberación animal. Frente a muchos mitos de que es necesario el consumo de animales para hacer deporte, este grupo sale a desmitificar, mostrando que sí es posible. A su vez, con un tip extra: correr difundiendo sobre respeto de todos los seres vivos y también sobre respeto a la vida misma, por lo que este grupo tiene además en cuenta el aspecto ecológico.

27718474_10155695278216281_810906017_nSoy egresada de la carrera Promoción Sociocultural y además estoy a punto de obtener mi título de Ingeniera Ambiental, por lo cual no puedo dejar de mencionar que la actividad de matanza animal además de ser una actividad cruel fomentadora de violencia, es una de las más contaminantes del planeta. Contamina suelos, el agua y el aire, más aun con la existencia de los “Feed Lots”. El consumo de carne es uno de los principales contribuyentes del calentamiento global, como lo demuestra el estudio de la FAO (Food and Agriculture Organization) denominado “La larga sombra del ganado”.

Considero que es factible y prioritario que realicemos y fomentemos actividades que tengan en cuenta la vida y el ambiente. Eso solo será posible si lo queremos realmente y actuamos en consecuencia. Invito a las personas que estén en duda a que se acerquen, consulten, pregunten, se informen y experimenten. Que sobretodo investiguen, hagan silencio y escuchen su cuerpo. Todos tenemos en nuestro interior empatía, y si hacemos silencio seguro nos encontraremos con esa parte de nosotros que está en conexión con la vida. Y ya no será una decisión a tomar, sino instantáneamente veremos otra realidad y el deseo de cuidarnos a nosotros mismos como a los demás florecerá y el deseo de comer animales desaparecerá;

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Franc succès pour le premier Café philo de Vegan Marathon Magazine

Café philoLa première session du Café philo de Vegan Marathon Magazine a eu lieu le 10 février 2018. Nous avons voulu débattre autour de la thématique de la suprématie des humains sur les animaux.

Le thème de ce premier Café philo #1 était : « Suprématie de l’animal humain : quelles en sont les causes, les conséquences et les solutions envisageables ? », préparé et animé Morgane Andry.
Nous nous sommes donc demandés en premier lieu comment s’exerçait cette domination. L’un des participants rappelle que la question de la nourriture carnée se pose dès l’Antiquité. L’argument de l’existence d’une sensibilité chez les plantes existait déjà chez les Stoïciens afin de
« mieux invisibiliser le sort des animaux ». Nous étions tous d’accord sur le fait que « la société occidentale a toujours considéré les animaux comme des objets » et que le « système capitaliste l’a renforcé ». Cependant, un intervenant insiste sur le fait que la « philosophie de l’aïkido, certaines religions indiennes et des politiques comme Ashoka ont réussi à mettre en place un gouvernement en paix avec les animaux ». En d’autres termes « la volonté de dominer les animaux ne serait pas un fatalisme et ne serait pas inhérente à l’essence humaine ». Mais la suprématie des humains sur les animaux semble être une question d’ordre individuelle selon une intervenante qui pense que « selon les valeurs et les histoires de chacun, on essaie de préserver son pouvoir ou bien d’évoluer vers quelque chose d’autre ».

Grâce à ces réflexions, nous en sommes venus à nous interroger au sujet d’un éventuel « formatage dès notre enfance » qui nous pousse à croire que les futures générations pourront jouir plus facilement du travail des précurseurs du véganisme et seront mieux armés contre le spécisme.
Un point de divergence se fait ensuite ressentir au sujet de la domination présente dans la nature de l’Homme. Certains pensent que c’est la société qui pervertit les humains, qu’il s’agit d’une question de traditions, de cultures ou encore d’éducation. D’autres croient qu’il y a toujours des individus qui veulent dominer les autres et acquérir un statut de « chef » et qu’il existe « une importante recherche de pouvoir dans la nature humaine » qui se traduit par la domination des plus faibles. Ainsi, bon nombre de personnes prôneraient alors « la loi du plus fort ».
Nous avons continué notre réflexion sur un autre point: « comment cela se fait-il que la domination des humains sur les non humains perdure dans le temps – notamment au niveau alimentaire – malgré les scandales médiatisés et les recommandations des professionnels de santé selon lesquels on peut se passer de produits carnés qui sont nocifs pour la santé? »

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Les participants se retrouvent dans leur réponse: On accuse le poids des lobbies, la peur du changement ou encore la médiatisation de certains nutritionnistes contre le véganisme.
Cependant, cette suprématie de l’humain sur l’animal n’est pas valable pour tous les animaux. En effet, nous nous entendons tous sur l’omniprésence du spécisme. Nous relevons toutefois que même

si nos animaux de compagnie – chiens, chats, NAC – sont choyés et mieux traités que les animaux d’élevage, ils restent souvent des produits de consommation. Par exemple, les chiens de race sont vendus et peuvent être inscrits à des concours ou être dressés pour devenir des chiens de garde.
Il existe donc une hiérarchie plus fine que celle qui met simplement l’homme au dessus de l’animal. Tous les animaux n’ont pas la même valeur aux yeux des spécistes. On aurait « attribué un rôle prédéfini pour chaque animal. Les cochons et les vaches sont mangés, les chevaux vont labourer et nous transporter, les chats et les chiens sont considérés comme des compagnons ». Ces rôles seraient différents selon les cultures.
Enfin, nous évoquons des solutions qui permettraient de pallier cette domination sur les animaux non humains. Nous en revenons à l’éducation qui serait primordiale mais aussi l’importance des personnalités publiques qui pourront soutenir et pousser leur public à s’intéresser à la cause et les émissions de cuisine végétalienne qui peuvent promouvoir la nourriture sans produits d’origine animale.

D’autres proposent d’adopter de nouvelles lois afin de limiter cette domination. On prône la bienveillance et une pédagogie positive, ce qui se fait déjà au sein de Vegan Marathon par le sport et le mode de vie qui découle du véganisme. D’autres participants pensent que les « actions chocs ont leur rôle à jouer et que, dans l’Histoire, les choses ont pu évoluer seulement après des soulèvements brusques. C’est seulement après la « gifle » que le dialogue a pu se faire. Ces actions chocs et les messages positives formeraient le duo gagnant ».
Un autre intervenant propose une « taxe sur la viande et l’arrêt total des subventions aux filières qui permettraient une remise en cause de la consommation de produits d’origine animale car les consommateurs réagissent très rapidement face aux prix ».
On parle également de projets culturels qui pourraient favoriser l’essor du véganisme comme ce qui avait été fait avec « Babe le cochon devenu berger » ou « Sauvez Willy ».
Afin d’avoir un contact avec les personnes visées, sont également proposés des festivals, des conférences et autres événements ouverts à tous qui pourront montrer au public « que les animaux sont conscients, ressentent la douleur et que la nourriture sans produits d’origine animale est viable et délicieuse ».
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Notre débat s’est clôturé avec beaucoup de bienveillance et laisse croire que notre société peut devenir plus clémente envers les animaux. Beaucoup de choses doivent être pensées, conceptualisées et acceptées par le grand public. Nous savons que la route est longue mais le point d’arrivée est atteignable. Gardons espoir et osons parler pour ceux qui ne le peuvent pas.

Un grand merci aux participants de cette première session : Cathy, Christ, Gisèle, Evaline, Gwladys, Jacques, Jocelyne, Marie-Christine, Maïwen, Magà, Marie-Laure, Rudy, Yohan

CULTURE, SPORT, VEGANISME & LIFESTYLE