CHUTE DE BOUILLASSE

Xavier ecotrail - VEGAN MARATHON 2

Samedi 17 mars 2018. C’est le grand jour. Comme aujourd’hui, je me réveille à 7 H 00. Comme je veux prendre le temps de m’apprêter et de prendre un léger petit déjeuner, je tergiverse un peu puis je commence à vérifier tout le matériel dont je vous ai déjà parlé. Je mets 3 couches vu l’annonce de la météo, pas très précise au final. Je décide de mettre mon pantalon de pluie et vous verrez plus tard que j’ai bien fait. C’est la surprise, Laurence me maquille avec mes peintures de paix amérindiennes. Je vérifie la logistique, le camelbak pour voir si j’ai tout le matériel obligatoire et le nécessaire. J’ai mis de la poudre végan dans une bouteille et chargé à 800 ml. Pas à vide, mais c’est supportable. Tout est en ordre, je pars, il est 09 h 30, je me dirige vers le RER.

TRANSPORT AGREABLE

Une fois arrivé à la gare de Fontenay sous bois, je vais prendre mon petit café habituel et fait naître un sourire sur la jeune personne qui me sert. Ça, c’est agréable. Une fois dans le RER, une dame sur le quai me dit « vous faites « l’écotrail », je dis « oui », elle me félicite puis nous partons chacun de notre coté. Ensuite, je suis assis face à une autre jeune femme qui engage la conversation et m’offre même un morceau de chocolat que je refuserai poliment. Pourquoi ? Je l’ignore encore. Peut-être mon véganisme intransigeant. Elle descend à Châtelet les Halles je crois et mon voyage se poursuit. Je descends à la défense pour récupérer la correspondance de la ligne SNCF « U ». Le staff de l’écotrail ne mentionnait que la ligne « N » qui part de Montparnasse, mais j’aurais dû faire un détour. Et là, je vois que je dois attendre 25 minutes pour la correspondance. J’appelle alors le PC Course pour savoir si je serai dans les temps pour prendre la navette ; C’est bon tout va bien et c’est à ce moment là que je vois d’autres coureurs avec qui j’engage la conversation. L’un l’a déjà fait une fois : Finisher et il accompagne son ami pour qui c’est son premier. Nous faisons le voyage ensemble et nous séparons au moment de rejoindre la navette. Elle met un peu de temps à arriver. Elle nous conduit sur la base de loisir de Saint-Quentin en Yvelines. Une fois sur place, une bonne ambiance. Je décide d’aller prendre le petit déjeuner offert.

SUR LES LIEUX DE L’AVENTURE

Avant le départ, je prends quelques selfies, je dois retrouver les lapins runners, mais en vain. Je me dis que je les verrai plus tard. le speaker parle, entre autre, de ceux qui ont fait les 10 premiers écotrail. (Marc Torre et l’un qui a le bras en écharpe, je n’ai pas retenu son nom, ni ceux des les autres champions). Quelques minutes avant nous, le départ de la joellette est donné. Il s’agit de l’association « Dunes d’espoir », je les admire car le terrain va engendrer quelques difficultés, à ce moment là, je n’imagine même pas ce que ça va être pour eux. Quelques instants après, notre départ est donné : c’est parti. Là ou je suis, ça part tranquillement et parfois ça ralentit ou s’arrête. Mais c’est roulant, alors ça n’a pas vraiment d’importance. J’applique la stratégie mise en place : J’ai les écouteurs sur les oreilles, avec ma playlist qui défile, mais pas trop fort pour pouvoir échanger. Je me tiens au plan : (2*11 km, je m’arrête pour boire, manger et recharger en eau. (3*11 km), je m’arrête au ravito en eau au 45eme, je ne sais pas ou j’en suis dans les barrières horaires, mais je sais intuitivement que ça le fait. Reste à gérer jusqu’au 56,85 pour passer la barrière fatidique : celle ou j’avais été arrêté en 2011. Le chemin de croix (je vous expliquerai pourquoi plus bas), mais j’arrive tout de même au 56ème, je me ravitaille sérieusement, mais je ne peux même plus enlever mes gants. Le bénévole super sympa m’aide et m’offre une bouteille presque vide de coca. Je lui demande ou j’en suis dans la barrière horaire, j’ai 40 minutes d’avance donc tout va bien mais pour atteindre ce point, j’ai beaucoup marché et pour éviter l’hypothermie, j’ai préféré abandonner. Qu’est-ce que vous m’auriez dit « Vas-y, ce serait dommage, il te reste 24 km…) et vous auriez eu raison, si et seulement si ma course ne se serait passé comme je vais vous le raconter.

Xavier ecotrail - VEGAN MARATHON

 

LA COURSE

Lors de ma course, chute dès le départ entre le 11eme et le 22eme, si je me rappelle bien. Résultat : partie externe du genou gauche écorchée et et hématome sur le pouce gauche, mais il m’en faut plus que ça pour arrêter. Il pleut, il neige, la température baisse au fur et à mesure, ce qui rend le terrain quasi impraticable et pourtant une bonne partie seront Finisher. Je ne sais pas comment ils font et du coup j’ai de plus en plus de respect pour les trailers. Revenons à notre course. Au départ, certains essaient d’éviter les flaques, mais à au fur et à mesure, c’est impossible. Il faut faire avec. Par certains endroits, on s’enfonce dans la boue ou dans l’eau jusqu’aux genoux, je n’exagère qu’à peine. Je refais une chute ou là, j’ai une crampe, et je sens une douleur aux cuisses et au pied. J’ai aussi des douleurs musculaires dans le dos et aux épaules. Mais je poursuis ma route en étant agacé par ce temps. J’ai beau avoir le mental, il faut le supporter. Mais je continue ma route jusqu’au 45eme. C’est entre le 45ème et le 56ème et je sens que cela commence vraiment à m’énerver. Une fois la nuit tombée, ma frontale n’éclaire pas très bien (Pourquoi ?). Je refais une chute et là une vrai crampe et je suis affalé dans la boue sans pouvoir me relever. Deux trailers me demandent si ça va, j’essaie de me relever mais la crampe est si forte que c’est impossible, je lui demande de pousser sur la pointe de mon pied vers moi pour la faire cesser, ce que j’avais essayé de faire auparavant mais sans succès. Quand ça veut pas, ça veut pas. Il a fallut s’ y prendre à plusieurs reprises mais nous y sommes arrivés. Comme nous n’étions pas loin du 56, ils avaient même pensé à me porter jusque là-bas. Je les remercie du fond du cœur. Enfoncé dans la bouillasse à 1,5 km du 56eme. Je ressens quelques douleurs musculaires aussi au niveau du dos. Je n’ai pas évoquer tous les moments ou j’ai du me raccrocher aux branches, prendre sur moi lorsque ça glissait. Je me disais aussi que j’allais être arrêté par la barrière horaire et que ce serait pas grave vu les circonstances. Eh bien non, ce qui donne déjà une certaine satisfaction. C’est là ou je me pose la question de continuer ou pas, mais il y a encore du dénivelé et j’ai couru le dernier kilomètre jusqu’au 56eme en 12 minutes, est-ce que je vais tenir le coup après tout cela ? J’ai des crampes, j’ai froid et comme je suis raisonnable, je décide d’abandonné. Je sais que les lapins runners Émir et Carole (que je n’ai pas croisé sur le parcours même si nous nous tenions au courant) disent que le corps s’adapte, mais pour ma part, abandonner peut-être une décision sage dans certaines circonstances. Cela permet aussi de se préserver pour les courses à venir. Chance, le bus va partir dans un instant. Je n’ai aucun regret vu dans l’état physique que je me suis retrouvé hier soir. Les crampes étaient encore présentes et je me suis retourné plusieurs fois dans le lit, mais vous pouvez constaté que ce matin , ça va à peu près. Juste deux bosses sur le genou gauche et le pousse gauche. Encore quelques douleurs musculaires. Régulièrement, j’ai pesté fréquemment sur ce temps de merde, car dans ces cas-là, c’est très physique. Et on a en marre de ne plus être sur ces appuis ce qui engendre des glissades plus ou moins dangereuses .

Xavier Chutes

FIN DE LA COURSE.

J’appelle Laurence pour qu’elle vienne me chercher sous la tente ou nous devons partager une assiette de pâtes, mais une charmante dame me dis d’aller me réchauffer dans le gymnase juste à côté ou il y a du chauffage, ce que je fais. Laurence me rejoint, elle a pris mon manteau d’hiver et d’autres gants, ceux de course sont dans un état….Je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer à la maison. Nous ne profitons même pas des pastas offertes. Nous nous rendons à la station de taxis et croisons quelques Finisher avec leur médaille. Pour eux, elle a son importance, mais je ne l’a trouve pas très belle. Elle est est marron et blanc, avec une branche d’arbre. Mais les goûts et les douleurs…Arrivés à la maison, je me déshabille dans le hall pour éviter de salir à l’intérieur, Laurence a fait le ménage. Je ne veux pas gâcher son travail. Je prends ensuite une douche bien chaude, met du silicium sur l’ensemble des jambes, mais les crampes sont toujours là. Je mange de bonnes pommes de terre grenaille préparées avec amour par mon épouse adorée. Nous partageons nos impressions, elle était inquiète du fait des intempéries et a été rassurée lorsque je lui ait dit que j’abandonnais. Nous parlons des prochaines courses et je dis que je ne fais plus de trail ou des distances plus courtes jusqu à 42 ou 50 km. Que je suis plus à l’aise sur la route et que maintenant il y a les deux marathons, celui de Paris avec la grande fête Végan (j’espère être remis, mais je suis optimiste et il fera beau et chaud, ça va me changer) et puis si tout va bien le marathon de Sénart peut-être avec une autre amie.
Voilà le bilan de cette course. Ce matin, je vois que j’ai reçu un SMS pour me demander si j’avais abandonné. J’avais oublié de les prévenir. Je l’ai fait à l’instant en présentant mes plus plates excuses.

Xavier Chutes 3.jpg

MATERIEL ET FUTUR.

D’abord, au niveau matériel, il va falloir que je me rachète une veste gore beaucoup plus chaude. Un nouveau pantalon de pluie (le mien est déchiré forcément, on va voir si on peut raccommoder, mais bon !!!) et un poncho de pluie, j’ai découvert que certains en avaient. Une nouvelle lampe frontale, avec plus de lumens, voire un phare comme Émir, des guêtres. Un masque comme celui de Phil. Liste non exhaustive mais il faudra que je fasse le point.

Dans un futur proche, bien sûr que je vais le courir le marathon de Paris, mais après une semaine voire plus, de semaines de repos et que les bosses ne soient plus qu’un mauvais souvenir. Sans objectif chronométrique, ce qui me permettra de courir avec quelques-un de la team. J’avais décidé de ne plus faire l’écotrail, mais ce matin (la nuit porte conseil), j’en ai décidé autrement. On dit que la troisième est la bonne. Mais si et seulement si le temps me conviendra. D’où l’intérêt de prendre l’assurance annulation. Pour la stratégie, on en reparlera à ce moment là. Je suis inscrit à l’ultra marin (177 km), j’espère que le beau temps sera au rendez-vous, sinon je prendrai la décision de ne pas prendre le départ. Enfin, le 25 mai, je ferai le trail de l’orangerie de Bonnelles avec chtivegantrailer et ça c’est plutôt sympathique, hâte de te retrouver mon ami. Malgré l’abandon voulu, je sais que j’ai un mental, mais je déteste courir dans ces conditions, alors rendez-vous au marathon de Paris. AIO

PS : Enfin, pour les photos prises par professionnels,il faudra attendre mardi matin. En attendant, je suis en vacances pour une semaine, je vais me reposer, reconstituer mes muscles et soigner mon genou, tout est une question de temps, mais je pense que dans 3 semaines, je serai prêt.

2011 : arrivé au 57,7 en 9 H 02’47 » »: arrêté par la barrière horaire
2018 : arrivé au 57,7 en 08 H 23’47 » : abandon avec environ 40′ d’avance sur la barrière horaire.

Xavier Cornet

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